Menu

Un peu d'histoire...

Historique de l’Orchestre Symphonique Universitaire de Rennes

   Tout a commencé en 1942. Mme le Docteur Chevrel, professeur à la Faculté de Médecine fit passer une circulaire dans les classes de lycée destinée à réunir les musiciens amateurs dans le but de former un ensemble de musique universitaire. Quelques uns se réunirent ainsi chez elle durant l’année 1942-43 mais le déplacement des lycées, consécutif aux bombardements de 1943, interrompit ces activités. Elles reprirent à la Libération, et l’association fut véritablement créée en 1947. Le premier président en fut Mr Le Lannou (professeur de géographie) à l’Université. Il fut suivi de : Mrs Robert, Merlat, Sauzin, Mayer, Marache,  Botrel,  Reydellet, jusqu’au  président actuel, Patrice Quinton, tous occupant des places de premier plan dans les Facultés et Universités rennaises …et l’Ecole Normale Supérieure.

   Plusieurs chefs se sont succédés : François L’Hermelin (1947-1972), contrebassiste professionnel et bibliothécaire-secrétaire du Conservatoire, Pierre Keller (1972-1973), professeur au Conservatoire, Roland Thébault (1973-1983), issu du pupitre des flûtes et professeur de Mathématiques au lycée Chateaubriand, Yves Krier (1983-1990), organiste et professeur au département Musicologie de l’Université, Philippe Legrand (1990-2012), pianiste-organiste et professeur de Biochimie à l’ENSAR, et enfin Frank Alexis, issu du pupitre de trompettes et professeur de Sciences économiques. Certains sont restés plus de vingt ans, un autre un an seulement…la moyenne étant d’environ dix ans.

   La tradition du concert annuel à l’Opéra (on disait le Théâtre municipal jusque dans les années 80, puis théâtre de la Ville) s’est rapidement installée et a perduré depuis. Tant que la salle a été gérée par la mairie directement, elle a été mise gracieusement à la disposition de notre ensemble. Le fait que pendant longtemps la fonction de maire adjoint aux affaires culturelles ait été assurée par des professeurs de lycée et que le directeur du CROUS, André Stéphan, ait été attaché par des liens familiaux à l’orchestre a beaucoup aidé l’association à se développer et à s’installer dans la vie musicale à Rennes. L’accroissement des effectifs à partir de la fin des années 70 puis dans les années 2000 y a aussi beaucoup contribué. Mais il faut aussi souligner la montée en qualité, particulièrement nette ces dix dernières années. Jusqu’à aujourd’hui, il est toutefois resté nécessaire de compléter certains  pupitres  pour les concerts les plus marquants, en particulier à l’Opéra ; le recrutement annuel, lié au hasard, ne peut en effet assurer le subtil dosage requis dans un orchestre symphonique, type  d’ensemble beaucoup plus exigeant à cet égard qu’une chorale. La difficulté de trouver des contrebassistes classiques à Rennes a été une constante depuis les débuts ; de même pendant longtemps pour les altos et les cors, les musiciens capables d’assurer un concert avec une ou deux répétitions seulement étant fort demandés…particulièrement en fin de trimestre.

   Ajoutons que notre orchestre se renouvelle presque par tiers tous les ans et on aura une bonne idée de la difficulté de sa gestion en termes d’occupation des pupitres. C’est une conséquence de sa nature d’orchestre universitaire que d’accueillir de nombreux étudiants, parfois déjà en fin d’étude ; De nombreux étudiants étrangers (le plus souvent allemands, anglais ou américains) ont rejoint nos rangs, mais en général, bien sûr, pour une année seulement. Le nombre annuel  des  concerts s’est lui aussi progressivement accru, grâce en particulier à la multiplication des écoles de musique et à la construction de salles municipales ; regrettons seulement que l’acoustique de ces dernières n’est hélàs pas toujours bien adaptée à la musique non amplifiée.

   Les fonctions de trésorier ont été marquées par la  compétence de leurs responsables et leur stabilité dans le poste : Ernest Renauld, Jean Lesquin, Jeanne Le Roux et Pierre Gravot, tous peu ou prou professeurs de mathématiques…

   Celles de secrétaire l’ont été par le dévouement de longue haleine d’Andrée Stéphan (52 ans dans ce poste de 1956 à 2008). Après un mandat de Ronan Lefort, c’est Rémy Vermesse qui a repris cette charge en y apportant toute son énergie et son sens de l’organisation.

  Le problème de la salle de répétition a été résolu à chaque fois qu’il s’est posé, bien que rarement  de façon totalement satisfaisante ; il y eut une salle de géographie dans la Faculté des Lettres  place Hoche, la salle de danse au Conservatoire, une salle de réception au restaurant universitaire du Champ de Mars (aujourd’hui démoli), l’amphi Henri Sée de l’Université de Rennes-Villejean, et enfin la salle actuelle, propriété de la Ville.

  Le poste de violon solo a très longtemps bénéficié du talent, de la fidélité et de  l’indéfectible qualité militante de Jeanne Le Roux, puis du dévouement de Rémy Landy, alternativement violoniste professionnel et universitaire spécialiste de littérature française… Après Magda Korolczuk, c’est maintenant Catherine Lucquin qui occupe cette place.

   De nombreux solistes ont laissé d’excellents souvenirs ; songeons  à François Capoulade, directeur du Conservatoire, Patrice Fontanarosa dans Vivaldi et Saint-Saens à dix-sept ans, Thomas Crubb dans le concerto de Gershwin en 1961, la pianiste Lucie Robert (Beethoven et Schumann au même programme en 1962 !), le corniste Charles Lecomte, François Le Roux dans les Chants du compagnon errant de Mahler en 1981, Martine Joste dans Mozart (concerto n° 21) et Bartok (concerto n°3),les violoncellistes Raymond Maillard et Jacques Perrone, ainsi que la pianiste Florence Pavie, cinq fois soliste, et Yves Hellegouarch (violoncelliste  mais aussi universitaire mathématicien renommé), trois fois soliste. Certains furent des professeurs du Conservatoire  tels que Madeleine Montier, Emma Pennequin, Denise L’Hermelin, Arsène Thomas, Pierre Froment, Anne Vileyn, Michel Lamarche. Ils furent aussi de simples membres de l’Orchestre, musiciens amateurs tels que Raymond Moguelet (hautbois), Roland Martin (clarinette), Roland Thébault (flûte, quatre fois soliste), Pierre Gravot (hautbois), Marc Peigné (clarinette) et bien sûr Rémy Landy  (dans Mendelssohn, Leclair, Mozart, Dvorak et Chausson, notamment).  De très nombreux élèves du Conservatoire ont aussi pu s’exprimer en soliste avec l’orchestre dans le cadre de l’Opéra ; parmi eux : Françoise l’Hermelin, Jean François Pinel, Isabelle Bondu, Robert Millardet, Céline Peigné, Agnès Ollo, Tristan Benveniste, François Pinel. Ces dernières années ont été marquées par les brillantes participations en soliste de membres de l’Orchestre de Bretagne :  Pascal Cocheril, Olivier Lacour, et Anatoli Karaev.

   Des échanges avec les orchestres universitaires de Nantes et Brest ont eu lieu (le dernier avec Brest en 2011). Les voyages à l’étranger ont été peu nombreux en raison des difficultés d’organisation mais surtout des incertitudes pesant sur les effectifs dès qu’on s’éloigne de Rennes de plus de cent kilomètres. Du moins a-t-on retenu le bref séjour à Exeter en 1984, marqué par le Prélude à l’après-midi d’un faune dans un cadre gothique authentique ainsi que les Nuits d’été et celui , long d’une semaine, à Erlangen (avril 1986) marqué, grâce à Yves Krier, par de la musique contemporaine (de Yves Krier lui-même en particulier), par la Ballade pour flûte et cordes du compositeur suisse Frank Martin ainsi que par le superbe poème symphonique Lenore de Duparc. Ce dernier séjour fut hélas marqué par la concomitance avec la catastrophe de Tchernobyl. La qualité de cet échange avait été rendue possible par la grande implication des services universitaires des deux villes de Rennes et Erlangen. Il y eut trois concerts en une semaine sans oublier le tourisme. Même le temps avait été beau…

  Ces voyages ont connu la réciprocité par des séjours et des concerts donnés à Rennes d’ensembles venus d’Exeter et d’Erlangen.

   En observant les programmes, on découvre que l’augmentation quantitative et qualitative des effectifs a permis d’aborder sous la direction de Philippe Legrand puis de Frank Alexis un répertoire qui semblait inaccessible trente ans plus tôt, et cela sans recours à des musiciens « extérieurs », si on excepte les minimes adjonctions nécessaires de dernière minute. La Cinquième symphonie de Tchaïkovsky, deux symphonies de Dvorak et trois symphonies de Brahms en ont été, entre autres ces dernières années, les témoins.

   Les soixante-dix ans de l’association « Orchestre Symphonique Universitaire de Rennes » sont en vue pour 2017…

FACEBOOK        NOUS CONTACTER        NOS PARTENAIRES